QATAR. L'ENFER DU DECOR

 

A Doha, sur les chantiers pharaoniques lancés par l'Emirat, la main d'oeuvre immigrée survit dans des conditions misérables, proche de l'esclavage.

 

Venus d'Inde, du Népal, du Bengladesh, du Pakistan ou du Sri Lanka, les ouvriers, engagés sous le système de la Kafala, sont privés de leur passeport à leur arrivée et vivent dans des campements de fortune au milieu du désert, payés des sommes dérisoires.

Le Qatar se révèle être pour eux une véritable prison à ciel ouvert.

 

avec Nadjet Cherigui, mai 2013

Camp Al Wakra, à l'aube. Les ouvriers se lèvent à 5h du matin et commencent à travailler à 6h, avant que la chaleur ne devienne insupportable.
Camp Al Wakra, à l'aube. Les ouvriers se lèvent à 5h du matin et commencent à travailler à 6h, avant que la chaleur ne devienne insupportable.
Camp Al Nakhla. 5h du matin. Les ouvriers se préparent pour partir travailler sur les chantiers au centre de Doha.
Camp Al Nakhla. 5h du matin. Les ouvriers se préparent pour partir travailler sur les chantiers au centre de Doha.
Camp Al Nakhla. Départ des ouvriers vers les chantiers, à l'aube.
Camp Al Nakhla. Départ des ouvriers vers les chantiers, à l'aube.
Camp Al Nakhla. Baraquement servant de sanitaires aux ouvriers du camp.
Camp Al Nakhla. Baraquement servant de sanitaires aux ouvriers du camp.
Camp Al Nakhla. A l'aube, avant le départ des ouvriers sur les chantiers.
Camp Al Nakhla. A l'aube, avant le départ des ouvriers sur les chantiers.
Camp Al Nakhla. Avant de partir sur les chantiers, les ouvriers viennent boire un thé et se servir un bol de riz dans la cantine du camp.
Camp Al Nakhla. Avant de partir sur les chantiers, les ouvriers viennent boire un thé et se servir un bol de riz dans la cantine du camp.
Camp Al Wakra. Ce camp se situe au milieu du désert, sans eau courante ni eau potable. Les ouvriers y vivent à 8 ou 10 par chambre.
Camp Al Wakra. Ce camp se situe au milieu du désert, sans eau courante ni eau potable. Les ouvriers y vivent à 8 ou 10 par chambre.
Camp Al Wakra, au milieu du désert. Les ouvriers y vivent à 8 ou 10 par chambre.
Camp Al Wakra, au milieu du désert. Les ouvriers y vivent à 8 ou 10 par chambre.
Camp Al Nakhla. Les ouvriers rejoignent les bus qui les emmènent dans les chantiers sur lesquels ils travailleront toute la journée, au centre de Doha.
Camp Al Nakhla. Les ouvriers rejoignent les bus qui les emmènent dans les chantiers sur lesquels ils travailleront toute la journée, au centre de Doha.
Les compagnies de construction affrètent des bus vers les chantiers du centre de Doha.
Les compagnies de construction affrètent des bus vers les chantiers du centre de Doha.
Dans le centre de Doha, quartier de la Corniche. Les ouvriers attendent d'entrer sur le chantier de construction sur lequel ils travailleront toute la journée.
Dans le centre de Doha, quartier de la Corniche. Les ouvriers attendent d'entrer sur le chantier de construction sur lequel ils travailleront toute la journée.
Les bus affrétés par les compagnies de construction déposent les ouvriers devant les chantiers du Centre de Doha, dans le quartier de la Corniche.
Les bus affrétés par les compagnies de construction déposent les ouvriers devant les chantiers du Centre de Doha, dans le quartier de la Corniche.
Centre de Doha, quartier de la Corniche. Les ouvriers travaillent sur les chantiers 10 et 14 heures par jours pour 800 à 1500 riyals (150 à 350 euros) par mois.
Centre de Doha, quartier de la Corniche. Les ouvriers travaillent sur les chantiers 10 et 14 heures par jours pour 800 à 1500 riyals (150 à 350 euros) par mois.
la plupart des ouvriers viennent du Népal, d'Inde, du Sri Lanka ou du Pakistan. Leurs passeports leur sont confisqués dès leur arrivée sur le sol qatari.
la plupart des ouvriers viennent du Népal, d'Inde, du Sri Lanka ou du Pakistan. Leurs passeports leur sont confisqués dès leur arrivée sur le sol qatari.
Engagés sous le système de la Kafala, les ouvriers doivent obtenir l'aval d'un kalfi (garant local) pour venir travailler au Qatar.
Engagés sous le système de la Kafala, les ouvriers doivent obtenir l'aval d'un kalfi (garant local) pour venir travailler au Qatar.
Les représentants des entreprises de construction basés au Qatar retiennent systématiquement les passeports des ouvriers qu'ils engagent.
Les représentants des entreprises de construction basés au Qatar retiennent systématiquement les passeports des ouvriers qu'ils engagent.
En échange de leurs passeports, les ouvriers sont sensés obtenir une pièce d'identité qatarienne, leur permettant de circuler sur le territoire, mais il est très rare que cela soit le cas.
En échange de leurs passeports, les ouvriers sont sensés obtenir une pièce d'identité qatarienne, leur permettant de circuler sur le territoire, mais il est très rare que cela soit le cas.
Ce système de la Kafala rend ces ouvriers encore plus vulnérables et totalement liés aux entreprises qui les emploient.
Ce système de la Kafala rend ces ouvriers encore plus vulnérables et totalement liés aux entreprises qui les emploient.
Les ouvriers, privés de passeport et empêchés d'obtenir une carte d'identité qatarie se retrouvent dans l'illégalité et donc particulièrement vulnérables.
Les ouvriers, privés de passeport et empêchés d'obtenir une carte d'identité qatarie se retrouvent dans l'illégalité et donc particulièrement vulnérables.
Sans passeport et sans carte d'identité qatarie, les ouvriers encourent de lourdes amendes et parfois même la prison.
Sans passeport et sans carte d'identité qatarie, les ouvriers encourent de lourdes amendes et parfois même la prison.
La température sur les chantiers peut atteindre 50 degrés à l'ombre.
La température sur les chantiers peut atteindre 50 degrés à l'ombre.
Les ouvriers travaillent de 10 à 14 heures par jours, en pleine fournaise pour 150 à 350 euros par mois.
Les ouvriers travaillent de 10 à 14 heures par jours, en pleine fournaise pour 150 à 350 euros par mois.
Nombreux ouvriers ont laissé leur famille au pays, en même temps qu'un lourde dette de voyage.
Nombreux ouvriers ont laissé leur famille au pays, en même temps qu'un lourde dette de voyage.
Vu du Népal, du Sri Lanka, d'Inde ou du Pakistan, le Qatar fait rêver de nombreux travailleurs. Mais très vite, le mirage s'évapore.
Vu du Népal, du Sri Lanka, d'Inde ou du Pakistan, le Qatar fait rêver de nombreux travailleurs. Mais très vite, le mirage s'évapore.
Beaucoup de travailleurs privés de papiers tentent le retour au pays, déçu et épuisés par leur expérience qatarie.
Beaucoup de travailleurs privés de papiers tentent le retour au pays, déçu et épuisés par leur expérience qatarie.
le Qatar, un état minuscule, est un gigantesque chantier à ciel ouvert.
le Qatar, un état minuscule, est un gigantesque chantier à ciel ouvert.
Lors des deux prochaines décennies, le Qatar a l'ambitieux projet de construire des centaines de nouvelles infrastructures et en premier lieu plusieurs stades de foot pour le mondial de 2022.
Lors des deux prochaines décennies, le Qatar a l'ambitieux projet de construire des centaines de nouvelles infrastructures et en premier lieu plusieurs stades de foot pour le mondial de 2022.
Nouveaux aéroports, complexes hôteliers, stades de foot... les ouvriers sont la chair à béton du futur projet Qatar 2030.
Nouveaux aéroports, complexes hôteliers, stades de foot... les ouvriers sont la chair à béton du futur projet Qatar 2030.
Industrial Area, à la périphérie de Doha. Ouvriers et vendeurs de voitures de luxes pour riches qataris se côtoient dans ce quartier.
Industrial Area, à la périphérie de Doha. Ouvriers et vendeurs de voitures de luxes pour riches qataris se côtoient dans ce quartier.
Au centre de Doha, un chantier titanesque de futurs complexes hôteliers et de boutiques de luxe.
Au centre de Doha, un chantier titanesque de futurs complexes hôteliers et de boutiques de luxe.
L'émirat s'engage dans un avenir ambitieux qui draine les investisseurs du monde entiers : le mondial de 2022 et le titanesque projet Qatar 2030.
L'émirat s'engage dans un avenir ambitieux qui draine les investisseurs du monde entiers : le mondial de 2022 et le titanesque projet Qatar 2030.
Le Qatar, un état minuscule draine les dollars et les fantasmes d'investisseurs du monde entier.
Le Qatar, un état minuscule draine les dollars et les fantasmes d'investisseurs du monde entier.
Centre de Doha.
Centre de Doha.
Dans le centre de Doha, les riches qataris passent leurs journées entre hôtels de luxe, gigantesques centres commerciaux et voitures climatisées.
Dans le centre de Doha, les riches qataris passent leurs journées entre hôtels de luxe, gigantesques centres commerciaux et voitures climatisées.
Dans le quartier Al Ghanim, les petites annonces immobilières fleurissent sur les murs, proposant des espaces à louer, pour y poser un matelas.
Dans le quartier Al Ghanim, les petites annonces immobilières fleurissent sur les murs, proposant des espaces à louer, pour y poser un matelas.
Quartier Industrial Area. La plupart des migrants y vivent dans des camps insalubres.
Quartier Industrial Area. La plupart des migrants y vivent dans des camps insalubres.
Quartier Industrial Area. De nombreux ouvriers vivent dans ces camps insalubres, aux portes de Doha.
Quartier Industrial Area. De nombreux ouvriers vivent dans ces camps insalubres, aux portes de Doha.
Camp Al Nakhla. Retour des ouvriers à la tombée du jour.
Camp Al Nakhla. Retour des ouvriers à la tombée du jour.
Camp Al Nakhla. Retour des ouvriers à la tombée du jour, après une journée de 10 à 14 heures de travail sur les chantiers de construction.
Camp Al Nakhla. Retour des ouvriers à la tombée du jour, après une journée de 10 à 14 heures de travail sur les chantiers de construction.
Camp Al Wakra, au milieu du désert, à la fin d'un journée de travail sur les chantiers.
Camp Al Wakra, au milieu du désert, à la fin d'un journée de travail sur les chantiers.
Le Camp Al Wakra, au milieu du désert n'a ni eau courante ni eau potable. Les ouvriers déchargent des barils d'eau, le soir, à la fin de leur journée de travail.
Le Camp Al Wakra, au milieu du désert n'a ni eau courante ni eau potable. Les ouvriers déchargent des barils d'eau, le soir, à la fin de leur journée de travail.
Camp Al Nakhla. Retour des ouvriers à la tombée du jour pour l'heure de la prière à la mosquée.
Camp Al Nakhla. Retour des ouvriers à la tombée du jour pour l'heure de la prière à la mosquée.
Camp Al Nakhla. Retour des ouvriers à la tombée du jour, après une journée de 10 à 14 heures de travail sur les chantiers.
Camp Al Nakhla. Retour des ouvriers à la tombée du jour, après une journée de 10 à 14 heures de travail sur les chantiers.
Quartier Industrial Area. De nombreux ouvriers vivent dans ces camps insalubres, aux portes de Doha.
Quartier Industrial Area. De nombreux ouvriers vivent dans ces camps insalubres, aux portes de Doha.
Quartier Industrial Area. De nombreux ouvriers vivent dans ce camp insalubre, aux portes de Doha, en huis clos.
Quartier Industrial Area. De nombreux ouvriers vivent dans ce camp insalubre, aux portes de Doha, en huis clos.
Quartier Industrial Area. Les ouvriers préparent leurs repas dans un cuisine insalubre après avoir fait quelques courses à l'épicerie du camp.
Quartier Industrial Area. Les ouvriers préparent leurs repas dans un cuisine insalubre après avoir fait quelques courses à l'épicerie du camp.
Le Camp Al Wakra, au milieu du désert.
Les ouvriers vivent à 8 ou 10 dans la même chambre.
Le Camp Al Wakra, au milieu du désert. Les ouvriers vivent à 8 ou 10 dans la même chambre.
Quartier Al Ghanim, au centre de Doha. 6 ouvriers vivent entassés dans cette minuscule pièce. Parfois d'autres ouvriers s'y ajoutent dans la journée.
Quartier Al Ghanim, au centre de Doha. 6 ouvriers vivent entassés dans cette minuscule pièce. Parfois d'autres ouvriers s'y ajoutent dans la journée.
Camp Al Nakhla. Retour des ouvriers à la tombée du jour. Un organisme de transfert d'argent se rend sur le camp pour proposer ses services.
Camp Al Nakhla. Retour des ouvriers à la tombée du jour. Un organisme de transfert d'argent se rend sur le camp pour proposer ses services.
Camp Al Nakhla. Retour des ouvriers à la tombée du jour.
Camp Al Nakhla. Retour des ouvriers à la tombée du jour.
Camp Al Kharayej, à la périphérie de Doha. Un ouvrier fait la cuisine pour les autres habitants de sa chambre.
Camp Al Kharayej, à la périphérie de Doha. Un ouvrier fait la cuisine pour les autres habitants de sa chambre.
Camp Al Kharayej, à la périphérie de Doha. Un ouvrier népalais gravement blessé par un camion sur un chantier est aujourd'hui dans l'incapacité de travailler. Sa compagnie refuse de l'indemniser.
Camp Al Kharayej, à la périphérie de Doha. Un ouvrier népalais gravement blessé par un camion sur un chantier est aujourd'hui dans l'incapacité de travailler. Sa compagnie refuse de l'indemniser.
Camp Al Kharayej, à la périphérie de Doha.
Camp Al Kharayej, à la périphérie de Doha.
Derrière la carte postale et le skyline du quartier de La Corniche, Doha se révèle être un enfer pour les migrants, une prison à ciel ouvert.
Derrière la carte postale et le skyline du quartier de La Corniche, Doha se révèle être un enfer pour les migrants, une prison à ciel ouvert.
La Corniche, Doha.
La Corniche, Doha.